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Guerre en Ukraine : l’impact psychologique en France

La guerre et ses impacts psychologiques

La guerre est aux portes de l’Europe, en Ukraine. Les réseaux sociaux et les médias traditionnels ont fait entrer cette guerre dans les maisons, les EHPAD et les centres d’hébergements. Les adultes s’inquiètent, les enfants se questionnent et certaines personnes âgées ont peur. Dans leur histoire de vie, elles ont déjà connu des épisodes terrifiants liés à une guerre. En effet, dans les familles et dans les EHPAD, des personnes âgées témoignent d’événements rencontrés lors de la seconde guerre mondiale de 39-45, de la guerre d’Algérie ou encore de la guerre d’Indochine. Ainsi, les images en provenance d’Ukraine entrent en résonance avec des souvenirs appartenant au passé, et affectent les personnes qui ont connu la guerre.

La guerre racontée par les seniors

Comment accompagner les personnes âgées face aux images de guerre ?

Le traumatisme revient avec les souffrances émotionnelles que l’environnement familial doit accueillir. Or, tout le monde n’a pas la possibilité d’avoir un environnement serein près de soi. Parfois, au traumatisme de guerre vécu dans son histoire de vie vient s’ajouter un autre traumatisme : l’absence de réponse à une souffrance de la part de notre environnement. Les personnes qui ont connu la guerre disent avoir des difficultés à raconter ce à quoi ils ont été confrontés. Leur discours est parfois teinté de culpabilité lié à des phénomènes d’impuissance face à la perte de leurs compagnons d’armes, d’actes de tortures, de maisons brûlées par l’ennemi ou de déportation dans des camps de travail.

Ces souvenirs traumatiques où se mêlent la terreur et l’agonie sont réactivés sous le prisme de poussées anxieuses, de cauchemars ou encore de douleurs psychosomatiques. Ces dernières se déposent sur une partie du corps pour qu’elles puissent être traitées dans le réel par un médicament ou un pansement. Les douleurs psychosomatiques évitent que ne se développent dans notre psychisme l’état traumatique et les souffrances qui l’accompagnent. Les personnes âgées sont déjà en état de fragilité dans leur âme et dans leur corps. Elles n’arrivent pas toujours à supporter cette charge supplémentaire.    

Parfois, le retour des souvenirs traumatisants reviennent sous la forme du délire. En effet, certains résidents sont persuadés que les chars vus  à la télévision se dirigent sur eux, que les rues et les immeubles leur sont familiers. Par ailleurs, la présence de troubles cognitifs amène une confusion dans l’interprétation de la réalité. La capacité à pouvoir mettre du sens sur ce qu’il se passe ici et maintenant est altérée. Dans la maladie d’Alzheimer, le rapport au temps et à l’espace est désorganisé : c’est pourquoi il est nécessaire d’accompagner les personnes, au-delà des mots, avec le toucher empathique.

Parler de la guerre en Ukraine aux enfants

Les enfants : comment les protéger du stress lié à la guerre ?

Les enfants ne peuvent pas relativiser les situations de stress liées à des images ou à des faits traumatisants. Ils ont besoin de l’adulte pour être rassurés. Les enfants doivent être aidés à mettre du sens sur ce qu’ils voient ou perçoivent d’une situation traumatisante. Tous les enfants n’ont pas la capacité de dire leurs inquiétudes et de poser des questions : c’est pourquoi certains d’entre eux vont passer par les actes pour exprimer leurs inquiétudes. D’autres se trouveront dans une sorte d’excitation qu’ils auront du mal à apaiser. Enfin, d’aucuns adoptent une attitude de repli et de silence. Il est possible de repérer certains symptômes liés à des inquiétudes massives : une tristesse inhabituelle, un manque d’investissement dans une activité plaisante, des troubles du sommeil et/ou de l’appétit.

Concernant les adolescents, ces derniers sont en lien permanent avec les réseaux sociaux et ils ne doivent pas rester seuls face à des images qui peuvent heurter leur sensibilité. En effet, depuis des années, certains soldats, ou civils, n’hésitent pas à filmer des scènes d’horreurs sur les réseaux sociaux. Les photos et les vidéos, qui sont libres d’accès, apparaissent sans que l’adolescent en ait fait la demande.

Les adolescents sont la puissance de demain. Ils militent pour une meilleure façon d’être au monde, ils manifestent contre les injustices sociales, économiques et environnementales. Ils débattent à l’intérieur de leur famille, des lycées ou des forums via les réseaux sociaux. Les adolescents ont un avis sur tout et ne cherchent qu’à le développer en le confrontant à celui des adultes. Les effets psychologiques de la guerre nécessitent d’être partagés. Les adultes ne doivent pas hésiter à aller vers les ados et cela même si parents et adolescents sont en situation de conflit : c’est l’occasion d’avoir une discussion avec son enfant sur les valeurs humaines telles que la solidarité, le respect et la bienveillance.

Comment accompagner les enfants face aux images de guerre ?

Il est important de rappeler que des parents inquiets font des enfants inquiets. Les adultes sont  responsables de la projection sur les enfants de leurs émotions négatives. Or, comment ne pas se sentir touché par ce qu’il se passe ? Comment ne pas éprouver de la tristesse, de la désolation et de l’impuissance face au drame humain que représente une guerre ? Certes, ce n’est pas la première fois que les adultes sont confrontés à des images de guerre. Mais il semble que la proximité géographique nous amène à nous identifier au peuple ukrainien. Tout le monde a des raisons d’avoir peur car la guerre draine son lot de représentations, notamment celles liées à la mort. 

Il est difficile d’expliquer à des enfants un événement difficilement compréhensible. Rares sont ceux qui prévoyaient qu’un tel événement allait arriver. Certains sont encore sous le feu de la sidération. L’enfant doit comprendre ce qu’il se passe. Mais cela ne peut se faire qu’au sein d’une cellule familiale calme et rassurante. Les parents sont les adultes ressources qui aident les enfants à mettre des mots dans l’ambiance générale d’inquiétude que traverse notre pays.

Quels sont les attitudes à adopter avec les enfants en période de guerre ?

  • Éviter l’exposition à la surmédiatisation en éloignant les enfants des écrans
  • Éviter le clivage en nommant les gentils et les méchants. 
  • Attendre que l’enfant soit demandeur d’explications sur la guerre
  • Préciser que la guerre évoquée n’a pas lieu dans le village, la ville, ou le pays où l’enfant réside
  • Préserver l’enfant de propos violents
  • Expliquer que la guerre est grave n’implique pas la dramatisation
  • Participer à des mouvements citoyens en apportant des dons alimentaires et vestimentaires pour réduire le sentiment d’impuissance chez l’enfant et développer son sentiment empathique

Les adultes, les parents et les éducateurs sont une source d’inspiration pour les enfants. Ces derniers copient leurs modèles. Cette guerre en Ukraine, comme celles qui se déroulent dans différents pays, ne doit pas nous empêcher de rappeler que la violence est interdite. Depuis des années, les conflits armés produisent de la désolation dont les premières victimes sont les civils. Les personnes âgées sont les témoins que les souvenirs traumatiques restent gravés malgré le temps qui passe : c’est pourquoi il ne faut pas hésiter à encourager votre enfant, votre adolescent ou votre parent âgé à venir rencontrer un psychologue. L’objectif est de les les aider à pouvoir échanger sur ce qu’il ont vu, entendu ou ressenti, en lien avec les images ou les souvenirs de guerre.

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