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L’anorexie mentale : un mal pubertaire

L’anorexie mentale : un mal pubertaire

Comment définir l’anorexie mentale ?

L’anorexie mentale est une maladie où la personne a un rapport pathologique à la nourriture. Cela va se traduire par un mécanisme de privation alimentaire qui aura ou non un impact sur la morphologie corporelle. En effet, dans certaines formes d’anorexie mentale, le poids de l’individu est dans la norme, voire au-dessus. En psychiatrie, l’anorexie mentale est définie communément comme une restriction des apports énergétiques par rapport aux besoins conduisant à un poids significativement bas compte tenu de l’âge, du sexe, du stade de développement et de la santé physique. Cette restriction est associée à une peur intense de prendre du poids et à une altération de la forme de son propre corps

Ainsi, la personne qui souffre d’anorexie va user de stratégies pour réduire le nombre de calories dans son assiette. Les calories seront son unique champ de préoccupation, son obsession ! Lorsque l’anorexie est abordée, la maigreur est au centre des échanges. Or, il est plutôt question du degré obsessionnel lié à ce trouble du comportement alimentaire avec des impacts sur le quotidien de l’individu et de sa famille.

L’anorexie : les personnes à risques

L’anorexie touche en moyenne les jeunes adolescents âgés entre 12 et 14 ans, environ 90% de filles et 10% de garçons. Ce sont des personnes qui n’ont pas confiance en elles et qui souffrent d’une certaine insatisfaction corporelle. Elles ont une préoccupation excessive de l’image de leurs corps. Les personnes atteintes d’anorexie ont besoin d’être rassurées car elles sont marquées par une mauvaise estime d’elles-mêmes. Dès lors, elles vont tenter de se rassurer en contrôlant leur apparence. 

Dans certaines situations, l’anorexie mentale peut apparaître chez les sujets de plus de 30 ans à la suite d’un traumatisme lié à un deuil ou à une séparation vécue comme douloureuse. Dès lors, l’anorexie est associée à des troubles du comportement tels que la dépression, le trouble bipolaire, l’anxiété généralisée, etc. 

Selon une étude de la Haute Autorité de Santé publiée en 2010, les personnes à risques concernées par l’anorexie mentale sont : 

  • Les patients avec un indice de masse corporelle (IMC) bas ou élevé
  • Les adolescents consultant pour des préoccupations concernant leur poids, pour des désordres gastro-intestinaux, des problèmes psychologiques
  • Les jeunes filles présentant des perturbations des cycles menstruels, et en particulier une absence de règles menstruelles
  • Les danseuses, les mannequins
  • Les sportifs (disciplines esthétiques ou à catégorie de poids : sports valorisant ou nécessitant le contrôle du poids disciplines à faible poids corporel tels les sports d’endurance), notamment de niveau de compétition
  • Les sujets atteints de pathologies impliquant des régimes tels que le diabète de type 1, l’hypercholestérolémie familial, …

Comment s’installe l’anorexie mentale ?

L’anorexie s’installe là où le changement fait peur, là où on ne maîtrise rien et que cela nous angoisse. En effet, les adolescentes et adolescents entre 12 et 14 ans voient leur corps d’enfant se transformer en celui d’un corps d’adulte. Il subit un ensemble de changements : apparition des seins, pertes vaginales, apparition des poils pubiens, prise de poids, etc. Cela provoque une certaine angoisse dans la mesure où ce corps mue et nous échappe : nous en perdons le contrôle. 

Certains ne vont pas accepter la morphologie de leurs corps. Ils vont se trouver trop gros, soit aux yeux des autres, soit en rapport aux normes esthétiques imposées par la société. Pour y remédier, la personne va  commencer à faire un régime en comptant les calories contenues dans chaque plat. Puis elle va anticiper les plats en proposant de cuisiner pour la famille afin de s’assurer du nombre de calories dans les plats. 

Au fil du temps, la personne souffrant d’anorexie n’éprouve aucun plaisir à manger. La personne ne voit plus l’aliment mais le nombre de calories qu’il contient. Elle va être obnubilée par le calcul des calories. À ce stade de l’évolution de la maladie, telle une obsession, tout tourne autour du nombre de calories ingurgitées et la peur panique de reprendre du poids. De manière paradoxale, cela s’accompagne d’une autre peur : celle de manger. Il est donc inutile, en tant que parent, de forcer son enfant anorexique à manger, car cela renforcera son trouble et créera du conflit. Les personnes qui souffrent d’anorexie ont peur de manger car elles ont peur de ne pas pouvoir s’arrêter de manger. 

L’anorexie mentale : les signes qui ne trompent pas

Toute personne a envie d’avoir un contrôle sur son corps. Cela est normal et angoissant quelque soit notre âge. Cependant, lorsque cela tourne à l’obsession et qu’il n’y a plus de plaisir, alors les parents doivent se mobiliser et tenter de percevoir quand leur enfant n’est plus dans le contrôle pour le plaisir, mais dans une contrainte obsessionnelle sur la nourriture. Qu’une jeune adolescente ait envie de maigrir est normal, mais il faut veiller à ce que cela ne soit pas de manière rigide et conflictuelle.

L’anorexie ne se déclare pas du jour au lendemain. En effet, elle évolue au fil du temps et se cache derrière des gestes de la vie quotidienne qui peuvent paraître anodins. L’un des premiers signes à repérer est la manière dont votre enfant s’alimente. Il recherche désespérément de maigrir et pour cela il va éviter de manger certains aliments tels que les pâtes ou les céréales par exemple. Il est important de pouvoir repérer l’organisation de l’alimentation de votre enfant. Ainsi, lors des repas il faut être attentif à ce que la personne ne saute pas trop souvent les repas et qu’elle ne s’isole pas dans sa chambre. 

L’autre signe susceptible d’alerter les parents est la question du poids. En effet, ce sujet revient de manière obsessionnelle dans les échanges, car la personne est en prise avec une lutte anxieuse contre la prise de poids. La personne va venir interroger l’autre sur sa morphologie et aura tendance à se cacher sous des couches de vêtements. Cette stratégie est également une manière de réchauffer le corps. Un déficit en calories engendre de la fatigue car on a moins d’énergie. Ainsi, la personne qui souffre d’anorexie a souvent froid. Elle se plaint également de douleurs au ventre et aura tendance à se lever à des heures tardives pour éviter qu’on la voit manger, ou encore pour aller se faire vomir lors de crises d’angoisses intenses. En effet, certaines personnes ont des passages à l’acte boulimique en mangeant de façon massive, et très courte, avec vomissement, ou prise de laxatif pour retrouver leur poids. 

Enfin, la question du rapport au corps est difficile. La personne anorexique refuse de voir sa maigreur. Elle a une altération de la perception de son poids et de l’image corporelle. Cela a un impact sur le moral et l’estime de soi. Pour reprendre confiance en elle, la personne anorexique va tenter, à travers le sport ou la scolarité, de reprendre le contrôle par le biais de l’intellectualisation et de la performance pour obtenir la reconnaissance de ses professeurs par exemple.

L’ensemble de ces comportements à des conséquences sur la famille. L’anorexique se détruit et détruit l’entourage. Les parents ont un sentiment d’impuissance face à une maladie qui détruit la santé de leur enfant. Cela est source d’inquiétude et provoque de la peur qui peut se manifester par des réactions agressives, Malgré les difficultés rencontrées autour de cette maladie, il est important de garder le lien et de continuer à partager des activités avec son enfant. Il faut à tout prix éviter de se séparer de son enfant. Même si la tentation est grande d’agir pour ne pas rester inactif face à une situation désespérante, il faut éviter d’être intrusif en cherchant des signes de l’anorexie soit en fouillant le journal intime ou la chambre à la recherche de laxatif ou d’aliments. En effet, votre enfant aura le sentiment d’avoir été trahi et vous perdrez sa confiance. Il faut lâcher prise et se faire aider par une personne extérieure et neutre.

Que faire avec une personne souffrant d’anorexie mentale ?

On ne connaît pas la cause exacte de l’anorexie. Cependant il y a une multitude de facteurs liée à l’image qu’on revoit ou d’évènements qui nous ont marqués. Cela peut par exemple être le fait d’avoir été forcé à manger un plat, d’avoir été victime de moqueries des garçons/des filles à l’école, d’avoir subi une perte douloureuse à la suite d’un divorce de ses parents ou d’un deuil dans la famille.

La solution anorexique est une attaque d’un corps qui grandit et qui se sexualise. L’anorexie provoque une perte de poids, de formes et une aménorrhée : en un sens, elle va venir attaquer la féminité de l’individu. Ainsi derrière la peur de manger se cache souvent la peur de grandir et de devenir adulte. Cette question doit être abordée avec des professionnels tels que votre médecin traitant, un pédopsychiatre et/ou un psychologue.

Soigner l’anorexie mentale

Dans une étude publiée en 2017 et modifiée en 2020, l’INSERM a publié différentes solutions pour permettre à la personne souffrant d’anorexie à restaurer son poids et à traiter la souffrance psychologique. 

  • L’hospitalisation : pour aider la patiente à retrouver les sensations de faim et de satiété, et savoir y apporter une réponse adaptée
  • La thérapie individuelle : pour tenter de comprendre les causes de l’anorexie et regagner confiance en soi
  • La thérapie familiale : pour renforcer les liens intrafamiliaux
  • La remédiation cognitive : pour apprendre aux patients à corriger des comportements délétères liés à une rigidité cognitive et à une focalisation sur les détails qui contribuent à entretenir leurs troubles